OEUVRES A PROTOCOLES

François MORELLET, Projets pour adhésifs sur mur de 2m80 x 6m20 (Studio Casati), échelle 1/20, 1977

Œuvre acquise par le Frac Picardie en 1987

 
François Morellet, 40 000 carrés, 1971

RÉPARTITION ALÉATOIRE DE 40 000 CARRÉS 50 % ROUGE 50% BLEU, SUIVANT LES CHIFFRES PAIRS ET IMPAIRS DE L'ANNUAIRE TÉLÉPHONIQUE DE MAINE-ET-LOIRE

Encre sérigraphique sur bois, 80 x 80 x 3,5 cm

Sur un panneau de format carré, un quadrillage de 40 000 carrés est tracé. Les petites cases sont remplies de rouge ou de bleu.
Dans le travail de François Morellet, le jeu est omniprésent. Ici, il joue avec le hasard en utilisant les numéros de téléphone de l’annuaire du Maine-et-Loire, en commence à la page où figure son nom de famille. Il applique ensuite une règle du jeu en remplissant son quadrillage : avec du rouge, pour chaque chiffre pair ; avec du bleu, pour chaque chiffre impair. Le résultat obtenu est complètement aléatoire puisque l’artiste ne peut pas savoir à l’avance de quelle manière seront réparties les couleurs. Le hasard vient limiter son pouvoir de décision et la règle du jeu lui donne un cadre strict lui permettant de prendre de la distance vis-à-vis de son œuvre. Le processus de création et l’application rigoureuse de systèmes a bien plus d’intérêt pour l’artiste que le rendu final. Toujours soucieux de conceptualiser ses créations, Morellet les nomme souvent par la règle du jeu qui est à l'origine de leur élaboration. La règle du jeu devient finalement l’œuvre elle-même, plus importante encore que le résultat physique. Les titres donnent donc, souvent avec humour, les clés nécessaires à la compréhension des œuvres.
 
François Morellet, "Du jaune au violet", 1956
 
François Morrelet
Gauche : « 2 doubles trames + 3° – 3° rouge sur bleu », 1971, murs du Plateau La Reynie, Paris
Droite : Maquette du projet conservée au Centre Pompidou
 

"Une expérience véritable doit par contre être menée à partir d’éléments contrôlables en progressant systématiquement suivant un programme."

François Morellet

« J’ai, pendant vingt ans environ, produit avec beaucoup d’obstination des œuvres systématiques dont la ligne de conduite a été de réduire au minimum mes décisions arbitraires. Pour limiter ma sensibilité d’artiste, j’ai supprimé la composition, enlevé tout intérêt à l’exécution et appliqué rigoureusement des systèmes simples et évidents qui peuvent se développer, soit grâce au hasard réel, soit grâce à la participation du spectateur. »
François Morellet, Du spectateur au spectateur ou l’art de déballer son pique-nique, 1971